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dimanche, 19 juillet 2015

Le Pont de Canadel, à Istres, en 1931

En 1931, le recensement de population nous donne la composition de la population du quartier du Pont de Canadel, sur la commune d'ISTRES (13).

Nous avons essayé de reconstituer le plan du quartier, à partir du cadastre de 1810 et d'une photographie aérienne de 1938. Le gros problème est que le recensement numérote les maisons mais cela ne permet pas de retrouver les bâtiments correspondant.

La roubine passait en réalité sous le canal de Craponne. On y pêchait autrefois des anguilles.

Voici quelques éléments qui seront nécessairement à compléter. Les renseignements seront les bienvenus.

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Au numéro 130, la famille BOURRELLY, avec le père, Auguste BOURRELLY (27 ans, agriculteur, natif de Martigues), la mère, Thèrèse GHIBAUDO (23 ans, née à Port-de-Bouc) et le fils Georges (4 ans). NOTA: Cette famille aurait discrètement hébergé un Juif pendant la deuxième guerre mondiale. Par ailleurs, Auguste BOURRELLY, outre son activité d’agriculteur, travaillait aussi dans les assurances. C’est lui qui avait aidé plus tard Maria BLANC épouse LARRULL à faire valoir ses droits à la retraite. Il possédait quelques dépendances au nord de sa maison (zone blanche sur la carte), où il élevait notamment des cochons qu’on entendait parfois crier quand il leur servait une nourriture cuite encore trop chaude.

Au numéro 131, René PEYRARD (28 ans, né à Vizilles, chef, pilote, aviation), et son épouse, Marie DESCHELETTES (29 ans, née à Oost (?)), sans profession.

Au numéro 132, la famille GIET, avec le père, Etienne GIET, (59 ans, né à Istres), chef, cultivateur, patron, la mère, Louise MONNIER (59 ans, née à Fos), les enfants, Paula (26 ans, née à Istres), et Paul (21 ans, né à Istres). NOTA: Paul GIET a eu plus tard deux fils (dont un Etienne) et une fille. Etienne GIET avait sympathisé avec Ramon LARRULL, le propriétaire de la maison 134 (qui suit). Il lui avait appris à parler provençal. Pour anecdote, Etienne GIET raconta un jour avoir tué 75 étourneaux d'un seul coup de chevrotine, la voir laissés faisander, avant de s'en faire une ventrée, puis d'avoir "comme un coudoun sur l'estomac". Le coudun étant le mot provençal pour traduire "coing". Après cela, Ramon LARRULL surnomma amicalement Etienne GIET "Lou Coudoun", en souvenir de cette anecdote...

Au numéro 133, Pierre PELLIN (51 ans, né à Chatillon, chef, cultivateur, patron), et son épouse Sylvie GRANGIER (37 ans, née à Istres).

Au numéro 134, la famille LARRULL enregistrée LARRUL), avec le père, Joseph LARRULL (50 ans, né à Alcampel, Espagne, espagnol, chef, journalier, employé chez Ramella), la mère Vincente BARRES (48 ans, né en 1883 à Alcampel, Espagne, espagnole), et leurs quatre enfants: Joseph LARRULL (19 ans, né au Rove, espagnol, fils, apprenti maçon chez Pulane), Elise LARRULL (17 ans, née au Rove, espagnole, fille, sans profession), Fernand (15 ans, né à Martigues, espagnol, fils, apprenti menuisier, employeur Gerras ou Terras) et Rosalie LARRULL (9 ans, née à Martigues, espagnole, fille). NOTA: Cette maison (qui existe toujours en 2015, vers le n°15 de l’Avenue René-Filippi, à Istres) appartenait depuis peu (1930?) à Ramon LARRULL, jeune frère de Joseph, et à son épouse Maria BLANC, lesquels habitaient alors au quartier Saint-Jean de Port-de-Bouc (ancien propriétaire: Rémy GIRAUD), et ils prêtaient ou louaient la maison d’Istres au frère aîné, Joseph LARRULL. Celui-ci avait tenu quelques années plus tôt, avec un autre de ses frères (Manuel?), un restaurant au Rove, pendant la construction du fameux tunnel du Rove (1911-1927), qu’ils appelaient cantine, destinée aux ouvriers. Cette activité aurait été alors particulièrement lucrative, au moins pour un temps. Il faut également noter que Ramon LARRULL était lui-même venu en France au début du siècle pour travailler dans le creusement de tunnels dans les Alpes notamment. Ramon LARRULL et Maria BLANC viendront habiter la maison en 1935. Maria BLANC y résidera d’ailleurs jusqu’en 1976.

Au numéro 135, la famille BENNEZER, avec le père, Maurice BENNEZER (36 ans, né à Pasteur ?, chef, laitier, patron), la mère, Rose BERNARDI (44 ans, née à Istres, épouse) et le fils, Elisée BENNEZER (10 ans, né à Istres). NOTA: La famille BENNEZER était au départ une famille de bergers. Ramon LARRULL louait à Maurice BENNEZER le pré à herbe devant la maison n°134 entre novembre et janvier pour y laisser paître les moutons, lesquels dormaient habituellement dans un enclos dont la clôture était badigeonnée de substances canines afin de dissuader les ovins de s’en approcher.

Au numéro 136, la famille LLORENS, avec le père, André LLORENS (40 ans, né à Valada en Espagne, espagnol, chef, journalier, employeur Rassuen), la mère, Dolorès GIMENES (34 ans, née à Cullera ? en Espagne, espagnole), et leurs quatre enfants: Trinité LLORENS (16 ans, née à Valada en Espagne, espagnole, fille), Dolorès LLORENS (14 ans, née à Cantalosa ? en Espagne, espagnole, fille), Joseph LLORENS (9 ans, né à Villeurbanne, espagnol, fils), et André LLORENS (3 ans, né à Istres, espagnol, fils). André LLORENS (fils) deviendra plus tard gendarme. Une autre soeur viendra qui travaillera dans une droguerie.

Au même numéro 136, le couple GIMENES, avec Joseph GIMENES (69 ans, né à Eguena ? en Espagne, espagnol, chef, journalier), et son épouse, Mathilde NAVARRO (54 ans, née à Igiero en Espagne, espagnole).

Au numéro 137, la famille SABATIER, avec le grand-père, Louis SABATIER (55 ans, né à Istres, chef, contremaître, employeur Rassuen), la grand-mère, Amélie ESTIENNE (56 ans, née à Istres, épouse) et leur petite-fille, Amélie NATALI (ou NATOLI) (13 ans, née à Istres).

Au numéro 138, la famille VERANDO.

Au numéro 139, la famille GIMENES.

Sur le plan, quelques maisons restent à rattacher à la numérotation de 1931:

La numéro 2 ou 3 était occupée plus tard par la famille SARRAZIN.

La maison numéro 4 était occupée plus tard par la famille BONNET, dont les enfants Michel BONNET (né vers 1930) et Jeannine BONNET (un peu plus âgée) qui épousera Louis GAY.

La maison numéro 6 sera occupée plus tard par la famille CANETTO (Ramon LARRULL disait “Canetti”).

mardi, 15 septembre 2009

Ceux qui vivaient au 62, rue Saint Laurent, à Marseille, en 1931

Geneasud - 62 Rue Saint Laurent.JPGLe numéro 62 de la rue Saint-Laurent, à Marseille, vieil immeuble des Vieux quartiers, s'esquichait entre le 64 de la même rue et le numéro 1 de la rue des Ferrats.

Un peu plus bas, sur la droite, on trouvait le lavoir municipal, face à la rue Mayousse. Puis en contournant le pâté de maisons, on suivait l'étroite rue Fontaine-Saint-Laurent, puis la rue Janetin avant de revenir sur la rue des Ferrats. 

En 1906, l'immeuble du 62 rue Saint-Laurent comptait neuf familles ( HAMEGUA, CELESTE, GUIGOU, VINCENT, BRIGLIOZZI, DI NAFRO, DENOUCHE & TAMBURE, DELMAGNE & CHAGNE, UTTARO & SORA), soit 39 occupants au total.

A peine cinq ans plus tard, en 1911, toutes ces familles n'étaient plus dans les lieux. Les familles d'Emile FABIANI (4 membres, d'origine corse) et de Pierre AMICI (5 membres, d'origine italienne) les avaient remplacées. La famille CORVASCE vivait alors manifestement ailleurs, composée de Savino (26 ans), Chiara (26 ans) sa femme, Philomène (10 ans), Antoine (6 ans), François (3 ans) et Vincent (nouveau-né). 

En 1931, les familles FABIANI et AMICI n'étaient plus dans les lieux...

Le 62, rue Saint-Laurent, comptait alors 8 familles:  

Marie BOETTI (25 ans), ménagère, vivait seule avec ses deux filles, Berthe BARJAMEL et Louise BOETTI qui n'avaient même pas deux ans.

Marie-Louise MAISTRE, mauricienne âgée de 56 ans, lingère, de nationalité anglaise, vivait seule avec sa fille Louise MAISTRE âgée de 20 ans, journalière.

Pierre DEPOUZIER (35 ans), journalier, vivait avec son épouse Alexandrine DEPOUZIER, 33 ans, journalière, et leur fille Marcelle DEPOUZIER (10 ans).

Paul SUGIER (31 ans), sans profession, vivait avec son épouse Cécile SUGIER (31 ans) et leurs enfants Hermine SUGIER (9 ans, née à Cherchell en Algérie), Josette SUGIER (3 ans) et Alberte SUGIER (1 an). Notons que les deux dernières sont nées à Marseille, et que dans cette famille on comptait aussi un certain Nicolas RAIBALDI (23 ans) qui se trouvait à Ellis Island en 1924, près de New York, via Naples et Palerme, sans avoir pu, semble-t-il émigrer aux Etats-Unis. Richard CORVASCE m'avait parlé d'un certain RAIBALDI mais je ne sais plus s'il s'agissait de cette même personne.

Savino CORVASCE, alors âgé de 46 ans, natif de Barletta, vivait aussi au 62 rue Saint-Laurent, avec son épouse Chiara CORVASCE (46 ans aussi), et leur enfants (voir dans l'article précédent), François CORVASCE (23 ans), Vincent CORVASCE (20 ans), Richard CORVASCE (11 ans, qui devait encore garder pendant un an sa tenue de Saint-Antoine avec laquelle on le reconnaissait facilement dans le quartier), Edouard CORVASCE (9 ans) et leur petite-fille Isabelle ALFONSI (2 ans). Il faut savoir qu'en 1917, Savino, incarcéré à Marseille, s'était engagé dans les forces armées italiennes pour rejoindre le front autrichien, y être gravement blessé à la hanche, avant de revenir en France et d'être grâcié. Lui et sa famille avaient ensuite acquis la nationalité française en 1927. Savino a sans doute aussi aidé des Italiens à émigrer en Argentine, et il est possible qu'il ait fait plusieurs voyages entre Marseille et Buenos-Aires.

Pierre DRUELLE, (Lyonnais âgé de 35 ans), sans profession, son épouse Anita DRUELLE (32 ans) et leur deux enfants: Charles DRUELLE (6 ans) et Nicole DRUELLE (4 ans).

François DONACCIO (68 ans, journalier) vivait avec sa femme MariaDONACCIO (66 ans, italienne) et leur fils CasimirDONACCIO (30 ans, journalier).

Enfin, Benoît MIRTO (58 ans, italien), sans profession, vivait avec sa femme Marie MIRTO (66 ans) et leur fils Benoît MIRTO (16 ans). 

En 1943, la famille CORVASCE était toujours dans les lieux, mais François CORVASCE et Vincent CORVASO (ex CORVASCE) étaient partis faire leur vie. Vincent m'avait raconté qu'il avait eu plus tard un restaurant à New York, après avoir quitté les Forces Françaises Libres à Londres. J'ignore si les autres habitants de 1931 étaient également restés rue Saint-Laurent. J'ignore également quel a été leur destin, notamment après la destruction du quartier en 1943.

Je voulais juste rendre hommage à ces Marseillais d'hier et d'aujourd'hui.

Si vous avez connu l'un d'entre eux, n'hésitez pas à laisser un commentaire, je le publierai avec plaisir.

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