Avertir le modérateur

vendredi, 10 mars 2017

Les maisons closes de la rue Lanternerie à Marseille, en 1881.

Marseille,1881,Prostitution,Prostituées,Maisons closes,Maisons de tolérance,Femmes,Vieux-Port,Rue Lanternerie,Quartier réservéLes maisons closes de la rue Lanternerie à Marseille, en 1881.

La rue Lanternerie, disparue dans les destructions allemandes de février 1943, descendait de la rue Caisserie jusqu'à la fameuse rue Bouterie, avec en son milieu de départ de la rue Saint-Laurent.

Elle était l'une des principales artères du "secteur réservé", à savoir une zone de prostitution tolérée à destination des marins et des voyageurs d'alors.

En 1882, on y comptait 13 maisons de tolérance pour seulement 14 immeubles. Elle arrivait juste après la rue Bouterie qui en comptait 15.


Le recensement de population de 1881 permet de se faire une idée très précise de la population concernée, car chaque jeune femme travaillant dans une maison close était alors mentionnée comme" fille soumise" (l'expression commencerra à disparaître avec le recensement de 1886, cinq ans plus tard).

On comptait ainsi 59 prostituées, toutes mentionnées comme "pensionnaires", sauf une, au n°12, Catherine MAROUTHEL, "chef de ménage". Ce chiffre de 59 doit être rapproché de la longueur de la rue elle-même, à savoir 68 mètres. Une fille tous les deux mètres de trottoir, donc, en théorie. Avec les conditions de travail difficiles que l'on peut imaginer.

Le nombre de "ménages" (au sens du recensement) comportant des postituées était de 11, proche des 13 maisons de tolérance susmentionnées. Or, sur les trois "ménages" sans filles soumises, on compte deux liquoristes (les maisons BOSC et TOUROU)... Au final, seul le n°3 de la rue Lanternerie n'abritait potentiellement aucune activité de prostitution, encore que la profession du chef de ménage, Jean THIOLLIER, était "logeur"...

Maison par maison, la population de la rue Lanternerie se décomposait comme suit.

  • N°1 : Marie LABERDE (logeuse, 46 ans, chef de ménage), Frédéric NIDEVER (logeur, 36 ans, employé), et deux filles soumises, pensionnaires: Anaïs PRAT (34 ans) et Marie LAURENT (25 ans).
  • N°2 : (aucune mention)
  • N°3 : Jean THIOLLIER (logeur, 53 ans, chef de ménage), Honoré THIOLLIER (graveur, 18 ans, fils), Marie THIOLLIER (15 ans, logeuse, fille), Régina RUZZON (lingère, 24 ans, pensionnaire), Justine PAVUCHON (tailleuse, 30 ans, pensionnaire) et Louise TRUCHET (tailleuse, 33 ans, pensionnaire).
  • N°4 : Gustave RAYMOND (limonadier, 31 ans, chef de ménage), Jeanne BOS (logeuse, 32 ans, épouse), Thimothée RAYMOND (limonadier, 11 ans, fils), François PEYRE (limonadier, 35 ans, employé), et onze filles soumises, toutes pensionnaires: Marie REYNAUD (24 ans), Pauline TRESSENS (22 ans), Marie POSTY (24 ans), Manuella BISCARUNDA (23 ans), Michèle COSTE (27 ans), Marie JANIN (29 ans), Anne MANIERE (25 ans), Marie BATHELEMY (26 ans), Elisabeth BARBE (26 ans), Caroline PIEU (?) (26 ans) et Elisabeth MILLARD (23 ans).
  • N°5 (et non 6) : Françoise FOURNIER (logeuse, 64 ans, chef de ménage), André PELLETIER (chauffeur, 62 ans, beau-frère), Antoine SIMIAN (logeuse (sic), 57 ans, employée (re sic)), et cinq filles soumises, toutes pensionnaires: Henriette SAVIS (25 ans), Pasquina DOMINGO (22 ans), Maria LAPEY (21 ans), Jeanne LAMARCHE (38 ans) et Catherine PEYRAUD (26 ans).
  • N°6 (1) : Jean TOUROU (liquoriste, 36 ans, chef de ménage), Ernest TOUROU (liquoriste, 6 ans, fils), Rose ROUSSEAU (liquoriste, 48 ans, domestique) et Ernest RIVIERE (liquoriste, 22 ans, employé).
  • N°6 (2) : Rosalie TESSIER (logeuse, 43 ans, chef de ménage), et cinq filles soumises: Louise VERNÉ (32 ans), Caroline LEVY (26 ans), Augustine GASCO (26 ans), Louise LANDER (36 ans) et Pelegie GASCO (30 ans).
  • N°7 : Julienne CROTTET (logeuse, 42 ans, chef de ménage), et quatre filles soumises, toutes pensionnaires: Léonie MORNAS (29 ans), Emmanuelle BARRASSEZ (32 ans), Baptistine GUESBERGER (21 ans) et Marie ROQUE (22 ans).
  • N°8 : Marie ARMAND (logeuse, 42 ans, chef de ménage), Jean JOURNA (marchand de meubles, 42 ans, cousin), Henri RAYMON (logeur, 23 ans, employé), et sept filles soumises, toutes pensionnaires: Adélaïde BARICOT (?) (24 ans), Louise LAGARIDE (23 ans), Bernadette TOURNIS (29 ans), Rose GERENSTER (23 ans), Gabrielle GARNIER (23 ans), Marie REYSER (21 ans) et Magdelaine MULLER (24 ans).
  • N°9 : Marie GIRARD (logeuse, 61 ans, chef de ménage), Laurent FREGEAC (logeur, 37 ans, employé), et quatre fille soumises, toutes pensionnaires: Rosalie CORNET (36 ans), Jeanne CORNITA (24 ans), Emilie SORIANO (24 ans) et Thérésa FILLATE (30 ans).
  • N°10 (1) : Marie BOSC (liquoriste, 37 ans, chef de ménage), Eugénie BOSC (liquoriste, 36 ans, soeur) et François REYNAUD (liquoriste, 11 ans, neveu).
  • N°10 (2) : Jeanne PIDANCET (?) (logeuse, 45 ans, chef de ménage), Joséphine CHALADON (logeuse, 45 ans, domestique), Magdeleine LAUTIER (rentière, 55 ans, amie), et six filles soumises, toutes pensionnaires: Antoinette DESSERVIEUX (20 ans), Clotilde BUSCAIL (23 ans), Grégoire BALLARIN (30 ans), Visitation CAYATA (22 ans), Marie BURIZ (22 ans) et Marie GENEREVE (23 ans)
  • N°11 : Marius BARTHOLET (maçon, 44 ans, chef de ménage), Joséphine BARASCEA (logeuse, 62 ans, épouse), et quatre filles soumises, toutes pensionnaires: Joséphine SIMON (34 ans), Zoé PEYROUT (28 ans), Anne CUBINA (30 ans) et Gabrielle BARGOUIN (38 ans).
  • N°12 : Catherine MAROUTHEL (fille soumise, 50 ans, chef de ménage), cinq autres filles soumises, toutes pensionnaires: Marguerite BABILONI (31 ans), Marie FERRE (33 ans), Louise SCHANET (22 ans), Marie SCHEA (25 ans) et Louise LAMY (32 ans). Outre Jacob LUITRESI (corroyeur, 28 ans, pensionnaire).
  • N°14 : Pierre BOYER (liquoriste, 33 ans, chef de ménage), Marie ABADIE (liquoriste, 23 ans, employée) et cinq filles soumises, toutes pensionnaires: Augustine BOURDELLO (24 ans), Céline MARIN (24 ans), Irma BRUNET (23 ans), Claire FRANCHI (22 ans) et Marthe MACHELON (36 ans).

jeudi, 01 octobre 2015

Plan d'Allauch en 1828

Plan d'Allauch,Plans,Cartes,Allauch,Marseille,Provence,1828,Cadastre

vendredi, 18 septembre 2015

Carte de Marseille (1791)

Carte de Marseille,1791,Campen,Cartes,Plans,Marseille

mardi, 08 septembre 2015

Carte de Marseille en 1820 (assemblage cadastral)

Cliquer sur l'image pour obtenir la version grand format (100 Mp)

Cartes,Plans,Marseille,1820,Cadastre,13,Eric Vivian

 

 

vendredi, 17 juillet 2015

Le camp disciplinaire d'Albepierre (Cantal), vers 1941

Albepierre,Cantal,Chantiers de Jeunesse,Camp disciplinaire,1941,Richard Corvasce

Ci-dessus: Camp disciplinaire d'Albepierre, 1941

Richard CORVASCE est au second rang (deuxième en partant de la gauche)

Albepierre,Cantal,Chantiers de Jeunesse,Camp disciplinaire,1941,Richard Corvasce

 

Ci-dessus: Richard CORVASCE au Camp discplinaire d'Albepierre (Cantal), en 1941,

Richard CORVASCE avait été conduit dans ce camp pour avoir jeté une table en bois, sur tréteaux, sur un sergent chargé de l'instruction d'un chantier de jeunesse sur la plage de la Seyne-sur-Mer (Var). Il habitait à l'époque au 62, rue Saint-Laurent, à MARSEILLE. Le trajet Marseille-Albepierre avait été particulièrement mouvementé car les gendarmes ne savait pas dans quelle ville de Murat ils devaient se rendre (le GPS restait à inventer). Ils avaient donc zigzagué, sans doute en passant dans l'Allier.

Merci pour votre aide pour identifier les autres personnes (en dehors du numéro 2). Il s'agit pour certains de Marseillais.

albepierre,cantal,chantiers de jeunesse,camp disciplinaire,1941,richard corvasce,seyne-sur-mer (la),marseille,murat

 

dimanche, 11 octobre 2009

Carte de Marseille en 1820 (Vieux-Port)

Plan de Marseille Vieux Quartiers 1820 little copie.gifVersion définitive du plan cadastral de Marseille en 1820, pour la 10ème section dite de "Saint-Laurent".

1200 parcelles avec numéro cadastral et numération dans la rue.

Je devais compléter en mentionnant les noms des commerces existant en 1940, mais en l'absence de feedback, j'en resterai là.

J'espère néanmoins que ce travail cartographique pourra être utile à quelqu'un.

LIEN VERS LA CARTE DE MARSEILLE EN GRAND FORMAT

(dimensions: 5687 x 3939 pixels, taille: 3,5 Mo)

mardi, 15 septembre 2009

Ceux qui vivaient au 62, rue Saint Laurent, à Marseille, en 1931

Geneasud - 62 Rue Saint Laurent.JPGLe numéro 62 de la rue Saint-Laurent, à Marseille, vieil immeuble des Vieux quartiers, s'esquichait entre le 64 de la même rue et le numéro 1 de la rue des Ferrats.

Un peu plus bas, sur la droite, on trouvait le lavoir municipal, face à la rue Mayousse. Puis en contournant le pâté de maisons, on suivait l'étroite rue Fontaine-Saint-Laurent, puis la rue Janetin avant de revenir sur la rue des Ferrats. 

En 1906, l'immeuble du 62 rue Saint-Laurent comptait neuf familles ( HAMEGUA, CELESTE, GUIGOU, VINCENT, BRIGLIOZZI, DI NAFRO, DENOUCHE & TAMBURE, DELMAGNE & CHAGNE, UTTARO & SORA), soit 39 occupants au total.

A peine cinq ans plus tard, en 1911, toutes ces familles n'étaient plus dans les lieux. Les familles d'Emile FABIANI (4 membres, d'origine corse) et de Pierre AMICI (5 membres, d'origine italienne) les avaient remplacées. La famille CORVASCE vivait alors manifestement ailleurs, composée de Savino (26 ans), Chiara (26 ans) sa femme, Philomène (10 ans), Antoine (6 ans), François (3 ans) et Vincent (nouveau-né). 

En 1931, les familles FABIANI et AMICI n'étaient plus dans les lieux...

Le 62, rue Saint-Laurent, comptait alors 8 familles:  

Marie BOETTI (25 ans), ménagère, vivait seule avec ses deux filles, Berthe BARJAMEL et Louise BOETTI qui n'avaient même pas deux ans.

Marie-Louise MAISTRE, mauricienne âgée de 56 ans, lingère, de nationalité anglaise, vivait seule avec sa fille Louise MAISTRE âgée de 20 ans, journalière.

Pierre DEPOUZIER (35 ans), journalier, vivait avec son épouse Alexandrine DEPOUZIER, 33 ans, journalière, et leur fille Marcelle DEPOUZIER (10 ans).

Paul SUGIER (31 ans), sans profession, vivait avec son épouse Cécile SUGIER (31 ans) et leurs enfants Hermine SUGIER (9 ans, née à Cherchell en Algérie), Josette SUGIER (3 ans) et Alberte SUGIER (1 an). Notons que les deux dernières sont nées à Marseille, et que dans cette famille on comptait aussi un certain Nicolas RAIBALDI (23 ans) qui se trouvait à Ellis Island en 1924, près de New York, via Naples et Palerme, sans avoir pu, semble-t-il émigrer aux Etats-Unis. Richard CORVASCE m'avait parlé d'un certain RAIBALDI mais je ne sais plus s'il s'agissait de cette même personne.

Savino CORVASCE, alors âgé de 46 ans, natif de Barletta, vivait aussi au 62 rue Saint-Laurent, avec son épouse Chiara CORVASCE (46 ans aussi), et leur enfants (voir dans l'article précédent), François CORVASCE (23 ans), Vincent CORVASCE (20 ans), Richard CORVASCE (11 ans, qui devait encore garder pendant un an sa tenue de Saint-Antoine avec laquelle on le reconnaissait facilement dans le quartier), Edouard CORVASCE (9 ans) et leur petite-fille Isabelle ALFONSI (2 ans). Il faut savoir qu'en 1917, Savino, incarcéré à Marseille, s'était engagé dans les forces armées italiennes pour rejoindre le front autrichien, y être gravement blessé à la hanche, avant de revenir en France et d'être grâcié. Lui et sa famille avaient ensuite acquis la nationalité française en 1927. Savino a sans doute aussi aidé des Italiens à émigrer en Argentine, et il est possible qu'il ait fait plusieurs voyages entre Marseille et Buenos-Aires.

Pierre DRUELLE, (Lyonnais âgé de 35 ans), sans profession, son épouse Anita DRUELLE (32 ans) et leur deux enfants: Charles DRUELLE (6 ans) et Nicole DRUELLE (4 ans).

François DONACCIO (68 ans, journalier) vivait avec sa femme MariaDONACCIO (66 ans, italienne) et leur fils CasimirDONACCIO (30 ans, journalier).

Enfin, Benoît MIRTO (58 ans, italien), sans profession, vivait avec sa femme Marie MIRTO (66 ans) et leur fils Benoît MIRTO (16 ans). 

En 1943, la famille CORVASCE était toujours dans les lieux, mais François CORVASCE et Vincent CORVASO (ex CORVASCE) étaient partis faire leur vie. Vincent m'avait raconté qu'il avait eu plus tard un restaurant à New York, après avoir quitté les Forces Françaises Libres à Londres. J'ignore si les autres habitants de 1931 étaient également restés rue Saint-Laurent. J'ignore également quel a été leur destin, notamment après la destruction du quartier en 1943.

Je voulais juste rendre hommage à ces Marseillais d'hier et d'aujourd'hui.

Si vous avez connu l'un d'entre eux, n'hésitez pas à laisser un commentaire, je le publierai avec plaisir.

--------------------------------------------------------

Source:

Lira aussi:

dimanche, 13 septembre 2009

Plan de Marseille (Vieux Quartiers) en 1820 et 1943

Plan de Marseille Vieux Quartiers en 1820 et 1943.jpgLe plan des Vieux quartiers de Marseille en 1820 mais qui n'avait presque pas changé jusqu'en 1943. Format Jpeg moyennement lisible mais OpenOffice Draw ne me permet pas de tirer un bitmap plus grand. Je posterai un Pdf plus tard avec la version définitive de ce plan.

--> LIEN VERS L'IMAGE

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu